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Les banques à la conquête du mobile :

De la vente des forfaits au paiement sans contact via le téléphone, tous les chantiers sont ouverts.

Les banques ont ouvert un grand chantier : celui du téléphone mobile. Certaines ont décidé de commercialiser appareils et forfaits pour s’assurer des rentrées d’argent supplémentaires et surtout mettre un pied dans le monde de la téléphonie. BNP Paribas, la dernière en date s’est lancée sur le créneau en novembre dernier, en partenariat avec Orange, en affirmant qu’elle se sentait parfaitement légitime pour aborder ce nouveau marché.

Mais le vrai défi est ailleurs. Car le téléphone mobile est le cheval de Troie qui pourrait permettre à d’autres acteurs de mordre sur le pré carré des banquiers: le paiement. La menace Google, en particulier, les effraie. Aux États-Unis, celui-ci a déjà lancé, en partenariat avec Visa et Mas­ter­Card, son portefeuille élec­tro­nique. Ou comment payer avec le téléphone grâce aux smartphones nouvelle génération équipés d’une technologie «sans contact» (NFC).

Les cartes de fidélité aussi

Il suffit de loger, par exemple dans la carte Sim, une application de paiement, sorte d’émanation de la carte bancaire. Au moment de régler un achat, le client doit juste accoler son téléphone au terminal de paiement: la transaction est conclue. Il devra composer son code secret seulement si le montant de son achat dépasse 20 ou 25 euros, sans pour autant devoir insérer une quelconque carte. Sur ce principe, chacun pourra bientôt stocker dans son téléphone cartes de fidélité et autres bons de réductions et s’en servir au moment de régler.

Les Français qui vivent dans les villes pilotes sur ces projets, Nice en tête, connaissent déjà le système. Mais ils ne sont pas les seuls concernés. Au total, plus de 100.000 terminaux de paiement «sans contact» ont déjà été installés partout en France, même si seuls 5000 sont d’ores et déjà activés. De grandes enseignes, comme Leroy Merlin ou Carrefour, s’équipent. Les banques suivent: BNP Paribas par exemple fournit désormais automatiquement des terminaux «sans contact» aux commerçants.

Avec le Crédit Mutuel Centre Est Europe, la banque du Boulevard des Italiens est la plus en pointe sur le sujet. Ses clients peuvent d’ores et déjà pousser la porter de leur agence pour signer un contrat et installer sur leur smartphone l’application Kix, celle précisément qui permet d’utiliser leur appareil NFC comme une carte bancaire. Ce privilège coûte toutefois la bagatelle de 24 euros par an, en plus de la cotisation de la carte bancaire classique, excepté pour les clients qui ont choisi leur forfait mobile via la banque.

Transferts d’argent

Mais déjà une autre révolution est en marche, celle des transferts d’argent de personne à personne. Le Crédit agricole s’est engouffré le premier sur le créneau avec Kwixo. Client de la banque verte ou non, chacun peut s’enregistrer sur cette plateforme via Internet, en fournissant son numéro de carte bancaire. Cela suffit ensuite pour, grâce à l’appli ad hoc sur le téléphone, transférer de l’argent au destinataire de son choix, en tapant son numéro de portable et la somme à lui verser. Il recevra un message l’invitant à fournir son numéro de carte sur la plateforme de la banque, pour que son compte soit crédité. Ce transfert est gratuit. BNP Paribas s’est lancée sur le même créneau avec l’application, Mes Transferts, réservée à ses clients (libres d’envoyer de l’argent à qui bon leur semble). Dans l’une ou l’autre des deux banques, le système ne fonctionne toutefois qu’entre titulaires de comptes bancaires situés en France.

Les banques ont aussi mis les bouchées doubles pour adapter leurs services de banque à distance à l’engouement des Français pour les smartphones. Les applications à télécharger gratuitement se multiplient. Certaines restent classiques: consultation des comptes, historique des dernières opérations, virements, etc. D’autres sortent des sentiers battus et permettent de partager les frais équitablement quand on est en colocation par exemple (Les bons comptes chez BNP Paribas) ou de suivre son budget pas à pas, en classant les dépenses poste par poste (loisirs, logement, enfants…)…

Les consommateurs bien protégés en cas de fraudeSe faire voler son smartphone peut entraîner de mauvaises surprises sur la facture de téléphone. S’il permet en plus de payer sans contact (et sans taper le code secret pour les petits montants), faut-il aussi craindre de voir son compte bancaire débité? Le client est en effet prié de toute urgence de faire opposition, comme si sa carte bancaire lui avait été dérobée. Dès cet instant, il n’est plus responsable des paiements frauduleux. Et ceux réglés avant la mise en opposition? Ils sont à sa charge jusqu’à 150 euros, mais uniquement lorsque le code secret a été utilisé. Si le code n’a pas été composé, la banque doit recréditer le compte. Le client n’a rien à financer.

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