chargement

Le paiement par mobile ne parvient pas à s’imposer

Les solutions innovantes se multiplient sans convaincre les commerçants et leurs clients.

Les solutions de paiement en boutique avec un téléphone mobile foisonnent, mais leur utilisation reste confidentielle. La principale raison est liée à l’ergonomie de la carte bancaire, tellement pratique que lui préférer un téléphone portable n’est pas évident.
Pour contourner la difficulté, certains promoteurs de nouvelles solutions se concentrent donc sur les marchés où la carte est peu utilisée. C’est le cas du porte-monnaie de Lemon Way lancé en juin. « Notre objectif est de remplacer le porte-monnaie et le chèque, et de bancariser les 6 millions de Français qui n’ont pas de compte bancaire », précise son directeur général, Sébastien Burlet. Il vient ainsi de signer un accord avec le syndicat de kinésithérapeutes Alizé, qui regroupe 30.000 professionnels prêts à se faire payer avec Lemon Way. Cette solution est aussi acceptée par le site de location de voitures entre particuliers CitizenCar. Pour élargir son spectre, Sébastien Burlet n’ambitionne en revanche pas de substituer son porte-monnaie électronique à la carte. Au contraire, il effectue des tests pour déployer Lemon Way dans le monde du commerce physique à travers des cartes bancaires prépayées émises par MasterCard !

Faire oublier le paiement

Mais d’autres gros concurrents sont plus ambitieux. « Contrairement au commerce en ligne où il est plus compliqué et risqué de donner ses coordonnées bancaires pour payer, les paiements dans le monde physique sont simples. Il faut donc se concentrer sur l’expérience du shopping pour développer l’usage du paiement mobile », analyse David Marcus, directeur général de PayPal. L’usage capable de faire oublier le paiement lui-même est ainsi devenu le nouveau graal à dénicher pour faire adopter sa solution au plus grand nombre de particuliers et de commerçants. Comme PayPal chez McDonald’s, le français Buyster pousse ainsi son portefeuille électronique comme un moyen d’éviter les files d’attente. Celui-ci vient ainsi de signer un accord exclusif avec CGR, réseau de 400 salles de cinéma en France. Même chose en bas des pistes : le skieur imprévoyant peut directement acheter son Carré Neige depuis son mobile avec Buyster, via l’application AssurSport. Les salariés de Bouygues Telecom, l’un des actionnaires de Buyster, peuvent aussi recharger leur carte de cantine sans avoir à passer devant une borne spécifique.

Il reste à savoir comment cristalliser tous ces usages spécifiques pour obtenir un effet de masse. Un second obstacle de taille s’oppose en outre au déploiement massif du m-paiement dans le monde physique : toutes les expérimentations en cours reposent sur des technologies différentes qui ne se parlent pas entre elles. « Il y a un vrai sujet d’harmonisation des procédures et des terminaux de paiement que les différentes expérimentations en cours ne traitent pas », confirme le cadre d’un acteur du paiement.Les solutions techniques nouvelles doivent s’adapter aux équipements de paiement déjà en place, sinon elles resteront des superniches », prévient-il. Le lent déploiement de la technologie sans contact NFC ne peut que conforter son propos. Dans ces conditions, la révolution du paiement mobile devrait davantage ressembler à une révolution de velours dans la durée.

Le paiement sans contact en France

Le paiement sans contact consiste à régler ses achats grâce à la technologie NFC (« near field communication ») en plaçant sa carte ou son mobile équipés à quelques centimètres d’une borne. Il peut se faire aussi en scannant un code-barres (QR code).
- 150.000 commerçants équipés de bornes de paiement sans contact.
- 6,9 millions de cartes NFC sans contact en circulation.
- Près de 800.000 transactions commerçants sans contact en France (cartes + mobile) depuis le début de l’année 2012 à fin octobre.
Lire l’article sur LesEchos.fr


Copyright © 2014 Système-polaire / Tous droits réservés.